Confinement des enfants de la rue : Vers une éradication du phénomène au Cameroun ?

Au moment où la lutte contre le Covid-19 s’intensifie au Cameroun, le ministère des Affaires Sociales (Minas), lance une opération de suivi et d’observation des enfants de la rue dans la ville de Yaoundé, en vue de leur réinsertion sociale.

82 enfants de la rue sont en confinement depuis le 1er avril 2020 à Yaoundé. Dans un contexte où sévit la pandémie du coronavirus au Cameroun, le gouvernement, à travers le ministère des affaires sociales, a pris cette décision dans le but de protéger ces enfants dont leur milieu de vie les expose à toutes sortes de maladies. Agés de moins de 18 ans, ils ont été conduits dans plusieurs sites agréés. Il s’agit, du centre d’écoute et de transit de Yaoundé (Cety) situé à la rue Ceper au quartier Elig Essono, du centre social de Yaoundé 5 à Essos et de celui de Yaoundé 2 au quartier Messa. Cette opération de suivi et d’observation des enfants de la rue a été accélérée par le nouveau coronavirus qui affiche une dangerosité  étrange.

Toutefois, le but initial de la démarche du Minas reste inchangé : offrir un nouveau départ à cette première vague d’enfants dont la véritable préoccupation quotidienne se réduit à la quête de la survie. Jusqu’ici, ces derniers vivaient à la belle étoile. On les croisait ainsi à l’Avenue Kennedy, au rond-point de la poste centrale, autour de la Cathédrale Notre Dame des Victoires, au Boulevard du 20 mai ou encore au marché central.

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« Nous allons effectuer des tests du Covid-19 pour plus de sécurité. S’il y a des malades, ils seront rapidement pris en charge », a rassuré le ministre des Affaires sociales (Minas), Pauline Irène Nguene. Pendant trois mois, les désormais pensionnaires du centre d’écoute de Yaoundé, seront accompagnés par les agents du Minas, notamment sur les plans médical, psychologique et socioprofessionnel. Une opération de resocialisation qui consiste à accompagner ces enfants dans leurs différentes initiatives.

Avec ces dispositifs, le Cameroun réussira-t-il à éradiquer le phénomène des enfants de la rue ? «Extirper définitivement ces enfants de la rue est un défi pour nous » déclare Henri Nyambi III Dikosso, Directeur de la solidarité nationale et du développement social au Minas, non sans ajouter que « ces jeunes sont imprévisibles ». Les avis ne sont cependant pas unanimes, quand il faut établir les responsabilités, dans la mesure où Saidou Bouba enfant de la rue, pense qu’« il ne serait pas dans la rue si les affaires sociales faisaient leur travail ».

 « C’est un travail de longue haleine engagé par le Minas » d’après Marie Bahané étudiante en journalisme à l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic). «Car, les enfants peuvent venir de différentes villes du Cameroun pour espérer trouver une belle vie à Yaoundé. Je pense que ce que le Minas a commencé, doit continuer parce qu’il y aura toujours des enfants qui vont s’installer dans la rue. Il serait aussi primordial pour les familles de se montrer indulgentes envers les enfants car un enfant ne peut quitter le foyer familial que si celui-ci ne lui est plus favorable : mauvais traitement », ajoute-t-elle.

Dans cette opération, le ministère des Affaires sociales bénéficiera de l’assistance des professionnels du centre national de commandement de vidéosurveillance. Le changement de paradigme énoncé par le Minas, notamment l’identification des besoins spécifiques de ces jeunes à travers des causeries éducatives, des activités sportives et ludiques, devrait conduire à des résultats probants.■

Par Jérôme Baïmélé/ Journaliste

lavoixdesjeunes.info

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