DISCOURS DU CHEF DE L’ÉTAT : CE QUE LES JEUNES RETIENNENT.

Depuis le début de la crise sanitaire, les camerounais attendent avec impatience, la sortie public de leur président. L’occasion leur a été donnée,  le 19 mai dernier, veille de la fête de l’unité.

 

Si le contexte était celui de la fête de l’unité nationale, cette question ne fut pas abordée lors du discours du président de la République. Néanmoins, ladite fête de l’unité aura poussé le président, à s’exprimer pour la première fois depuis le déclenchement de la crise sanitaire. Le moins que l’on puisse dire, est que la parole du président était attendue par la majorité des Camerounais. Plusieurs s’offusquaient déjà du fait que, leur chef n’ait pas pris la parole depuis lors.

Que retenir du discours ?

Plusieurs choses, et en premier, le bilan de la lutte. Le président a prononcé un discours qu’on peut qualifier de volontariste. En effet, s’il ne s’est pas appesanti sur les nombreuses mesures mises en place par le gouvernement, il a tenu a rappeler la nécessité de les respecter au risque de voir cette pandémie décimer notre nation, avec notamment l’obligation de porter désormais des masques dans l’espace public.

Aussi, on note l’appel à l’union sacrée et à l’implication de tous dans la lutte contre la covid-19. Le président a voulu souligner le fait qu’il n’appartenait pas à une seule entité, de prendre des décisions et de les appliquer. La solidarité nationale, doit pour ce fait, se mettre en œuvre et contribuer pleinement à la lutte contre la pandémie au-delà de toute considération politique. Certains auront pu également relever en filigrane, un message subliminal adressé au MRC et à ses partisans. Mais, ce serait à tort car, la lutte contre le virus doit se faire dans le respect des lois et règlements de la république ; et aucune instrumentalisation à des fins politiciennes ne sera tolérée.

Partant des hommages et de l’empathie, le président aura tenu à présenter les condoléances de la nation, aux familles qui ont perdu des êtres chers. Il aura également, rendu un vibrant hommage au corps médical qui se démène nuit et jour pour sauver le peuple, avec les moyens qui sont les leurs. Il soulignera tout de même, que le fonds de solidarité spécial mis en place, pourrait recevoir un apport de nouvelles ressources pour soutenir la lutte contre le coronavirus.

Les questions d’économie et de gouvernance ont malgré tout été au rendez-vous.C’est peut-être les points les plus importants, abordés par Paul Biya. Depuis le déclenchement de la crise, l’impact sur l’économie mondiale et nationale est très négatif. Dans les prochains jours, le gouvernement devra maintenir l’équilibre financier, contenir l’inflation, soutenir l’industrie, ceci avec comme contrainte, la préservation de la paix sociale. À cet effet, le président aura tenu à rappeler le caractère unique de cette crise. Elle impose de trouver des solutions innovantes, et de prendre des décisions complexes.

Enfin, la crise aura permis de pointer du doigt les limites de notre système de santé, qui devra être réformé.

Ce discours n’aura assurément pas comblé toutes les attentes. Cependant, il aura eu le mérite de remobiliser ceux qui interviennent dans la prise des décisions au plus haut niveau. Espérons que, le message de solidarité porté par « le premier camerounais », soit entendu par tous et que, ensemble, les camerounais puissent s’élever en mettant de côté la cacophonie des barrières tribales, en ces circonstances exceptionnelles. Le moment viendra de faire le post-mortem de cette crise. Pour l’instant, l’essentiel se trouve ailleurs ; dans la préservation de la vie.

Par Joel MEBADA / www.lavoixdesjeunes.info

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