ICÔNE DE LA SEMAINE : ASTRID TCHOUANCHE, LA JEUNE PASSIONNÉE

À 30 ans seulement, Astrid Tchouanche a dit non à la fonction publique pour se lancer dans l’univers complexe des affaires. La Voix des jeunes ayant fait sa rencontre, la présente comme une icône de l’entrepreneuriat au féminin dans notre pays. Elle nous livre les secrets de sa réussite.

Née le 17 novembre 1990 dans un hôpital de la ville de Yaoundé Cameroun, Tchouanche Samuella Astrid, effectue ses études dans la cité capitale jusqu’à l’obtention de son Baccalauréat, série allemande en 2011 au Lycée de Ngousso. La jeune dame à la peau d’ébène s’inscrit ensuite à la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion de l’Université de Yaoundé II Soa où elle en ressort nantie, en 2014, d’une Licence en sciences économiques et de gestion options monnaie banque finance.

Dès son jeune âge, Astrid Tchouanche souhaite faire carrière dans le monde des affaires. Elle comprend alors vite, qu’il faut accumuler une expérience professionnelle conséquente pour être un succès probant dans ce milieu très compétitif. Parallèlement à ses études académiques, entre 2013 et 2015, elle exerce comme agent commercial à GMAS, une agence de publicité et de marketing. De 2016 à 2018 elle dépose ses valises chez Roissy horlogerie, une entreprise partenaire de la téléphonie Mobile sud-africaine MTN. Elle était alors Responsable Commercial des régions du Centre-sud et du Littoral. Depuis 2019, elle est administrateur de vente des produits Colgate chez le distributeur français, Henri et frères.

ASTRID TCHOUANCHE, JEUNE ENTREPRENEUR

Animée par un élan d’indépendance financier, un esprit de liberté, et le désir ardent d’un meilleur épanouissement psychologique, Astrid lance son premier business en 2017. Il s’agit d’un poulailler situé dans la bourgade de Nkol-Afamba. En 2019, elle décèle son couloir entrepreneurial véritable. Passionnée de la décoration et la « beauté des choses », elle crée Meuble sur Mesure. Il s’agit d’une entreprise de menuiserie spécialisée dans le confectionnèrent des meubles, la décoration d’intérieur et la vente des objets de décoration diverses située à la rue manguier de Yaoundé. « Pour moi vivre dans un bel environnement est le Secret d’un esprit serein » soutient-elle. Elle emploie actuellement 05 jeunes camerounais dans sa boîte. Notamment 2 menuisiers, 2 aides menuisiers et un chauffeur.

Pour elle, le secret du succès réside dans la rigueur du travail et dans la foi en Dieu. Elle s’inspire au quotidien des icônes comme, Michelle Obama, Oprah Winfrey et Winnie Mandela, pour garder la force et avancer dans la réalisation de ses ambitions. Dans son élan entrepreneurial, tout n’est pas rose. Elle est confrontée au quotidien, à de nombreuses difficultés qu’elle dit surmonter avec le maximum d’énergie. Le contexte politique et économique critique et instable du Cameroun, constitue un handicap pour le développement des projets. La forte centralisation du pouvoir, la stagnation politique marquée par l’absence d’alternance au sommet de l’État et l’émergence d’une caste des pilleurs de la république fragilisent considérablement l’écosystème des affaires dans notre pays. Elle déplore également, la mentalité extravertie des africaines. En effet les africains privilégient les meubles importés au détriment des produits confectionnés localement. Ce qui est un paradoxe vu qu’ils sont plus couteux et ne sont pas généralement de bonnes qualités.

Tchouanche Samuella est une afro-optimiste qui croit que la jeunesse a un grand rôle à jouer dans le devenir de l’Afrique. Le développement de l’Afrique doit être porté par ses jeunes. Parce que notre épanouissement et nos repères s’y trouvent.  « Je crois qu’on a compris cela et encore plus la jeune femme.  De plus en plus je vois les jeunes s’investir dans l’entrepreneuriat et ça, c’est à féliciter, c’est pour ça que je salue votre initiative. Celle de mettre sur pied le Journal la Voix des Jeunes. Un média qui valorise le jeune et la femme africaine. » Pour elle, le panafricanisme est une idéologie qui devrait animer chaque africain au nom de la liberté, de la solidarité et du développement durable de notre continent. Ce qui passe aussi par le fait de s’assumer. « Je suis une femme africaine et fière de l’être, j’aime ma couleur de peau. Et je pense qu’investir dans la   dépigmentation est purement une perte de temps et d’argent qui nous dénature et risque de détériorer notre santé corporelle et psychique. »

ASTRID TCHOUANCHE, JEUNE ENTREPRENEUR 

Comme message à la jeunesse, notre icône invite ces derniers à la simplicité et au travail acharné. « N’hésitez pas de toujours essayer. Le pire sera de ne pas essayer et de passer à côté de ce qui pourra vous épanouir. Même si vous n’avez pas d’argent pour vous lancer, vous pouvez commencer avec un système de partenariat et avec le temps vous vous détachez pour grandir. Les jeunes ne doivent pas se minimiser. Nous devons travailler avec ardeur et enthousiasme durant notre jeunesse. En faisant ce que nous aimons, rien ne pourra nous empêcher de réussir dans notre domaine d’activité ; quel que soit le niveau de compétitivité ».  

Les danses urbaines restent les seuls instruments de divertissement de Tchouanche Samuella, hors mis le travail acharné. Elle écoute de la musique et danse au besoin pour s’épanouir et relâcher la pression du travail.

À ce jour, la jeune dame est en finalisation d’un Master professionnel à l’Institut Supérieur de Technologie Appliquée et de Gestion (ISTAG). Elle rêve d’agrandir son entreprise pour offrir plus d’emplois aux jeunes, et de vulgariser, auprès de ses semblables, la décoration intérieure encore mal connue en Afrique.

Par Ibrahim YICHE/ Journaliste

www.lavoixdesjeunes.info

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