ACTIVITÉS INFORMELLES : LES BAYAM-SELLAM FONT FACE AU CORONAVIRUS

Bien que chose pas facile, ces revendeuses doivent, au quotidien, braver le risque de contamination au virus pour avoir leur gagne-pain.

Il est 3h ce vendredi au quartier Biyem-assi à Yaoundé et  Angéline Owona alias « mama Angé » se prépare à aller au marché de l’échangeur, pour acheter des vivres chez les grossistes. Ensuite,  elle ira les revendre au marché d’Acacias. Arrivée sur les lieux,  c’est un combat acharné qu’elle livre. Les cris sont émis de partout « Les plantains, les plantains », « ma kwen be macabo ». Mama Angé se débat alors comme elle peut pour avoir sa marchandise. « Ce n’est pas facile comme tu peux le constater. Il faut bagarrer à la limite pour obtenir la marchandise. Et c’est comme ça tous les jours. Des fois,  tu repères de bons produits,  une autre revendeuse vient dire qu’elle les a déjà pris ». Dit-elle. Ce rituel, ses collègues et elle le font tous les jours et il faut arriver de bonne heure pour avoir la marchandise à bon prix. « Les grossistes viennent souvent avec une quantité minime et si toi bayam tu es en retard,  tu es obligée d’essayer d’arranger le prix chez les collègues qui en ont assez. Chose qui n’est pas facile ». Explique mama Angé.

La marchandise achetée, le moment est venu pour elle de se rendre au petit marché pour la revendre. Pour avoir le petit régime de plantain, il faut prévoir 2500 fcfa et il faut compter entre 5000 et 8000 fcfa pour le grand régime ; des prix qui ont du mal à passer chez la clientèle. « Beaucoup de clients se plaignent du prix des plantains et j’explique que ce n’est pas de ma faute. J’achète moi-même la marchandise chère et je ne peux pas la revendre à bas prix ». Quand ce n’est pour le prix,  le problème se pose ailleurs nous dit-elle : « certains se plaignent de la qualité de la marchandise. Comment les petits doigts de plantains sont gâtés, pourquoi il y’a des fissures etc. Beaucoup de choses sont dites ». La raison de la cherté du produit,  elle l’explique en ces termes : « Les agriculteurs disent qu’il y’a manque dû à des incendies dans les plantations. Du coup,  la quantité de livraison diminue et les prix augmentent vu que la demande est forte ». Également, « je peux dire que le taux de personnes qui viennent au marché a diminué à cause de cette pandémie. Déjà qu’il y’a un mois, j’ai dû plier bagages et rester à la maison pour éviter d’être contaminer. La reprise également a été lente mais bon, petit à petit, on s’y adapte ». Une activité pas du tout aisée mais qui nourrit son homme.

Le quotidien de ces femmes bayam-sellam est une lutte acharnée. Se lever tôt et rentrer tard, et rester sur le qui-vive. Ce qui a des répercussions sur les familles, « être debout depuis 3h et finir vers 17h c’est épuisant et certaines vont jusqu’à 19-20h. Ce qui fait qu’à la maison, des fois, on ne peut pas préparer à manger car, la fatigue est envahissante. Mais bon, c’est le sacrifice qu’il faut faire et on trouve toujours une solution pour remédier à la situation » affirme-t-elle. 

Un quotidien de combattant, qui ne leur empêchent pas de garder  le mental au plus haut niveau et ce, pour le bien de tous. On ne le dira donc jamais assez, les « femmes portent le monde ».

Par Georgette Etoa

Www.lavoixdesjeunes.info

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