Violences faites aux femmes : Josephine NGO NDENHA pour une législation concrète

Interview

JOSEPHINE NGO NDENHA (Présidente JCI-Yaoundé Excel 2021)

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES : “IL NOUS FAUT UNE LÉGISLATION CONCRÈTE ET DÉFINITIVE”

A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et alors qu’on observe une forte croissance de ces actes au Cameroun, la future Présidente locale de la Jeune Chambre Internationale Yaoundé Excel (JCI) et par ailleurs diplômée de l’Université Protestante d’Afrique Centrale et de l’Institut des Relations Internationales du Cameroun a bien voulu nous livrer son ressenti et la vision de son mandat 2021-2022 sur le sujet.

Propos recueillis par Georgette ETOA

Quelle analyse faites-vous de la recrudescence de la violence faite aux femmes au Cameroun ?

L’état des choses est déplorable, toutefois, il y a un enjeu majeur qui est justement d’attirer l’opinion gouvernementale, les institutions, les partenaires au développement, les associations à se lever pour lancer une ultime offensive afin d’éradiquer ce fléau. Prenons un instant et regardons de l’autre côté, les femmes dans les zones en situation de conflits comme c’est le cas dans les parties Nord-Ouest et Sud-Ouest du pays sont celles qui subissent le plus ces violences. Elles sont violées, pendues, brulées, battues et nous avons tous été témoins du cas du gendarme lapidé ou encore de cette jeune dame qui était attachée et ensuite décapitée, les exemples sont multiples. Ce qu’il faut se sont des actions conjointes, de synergies pour dénoncer, faire des plaidoyers à l’endroit des institutions agréées pour lutter contre ce genre de fléau pour qu’elles puissent prendre des décisions afin d’éradiquer ces actes atroces.

Nous devons surtout avoir le courage d’aller au-delà des mots et entrer définitivement dans l’arène. Il nous faut une législation concrète et définitive en la matière. Et, poursuivre les auteurs de ces actes devant les juridictions compétentes, rendre ces affaires publiques afin d’envoyer un message à ceux et celles qui seraient animé(e)s d’une envie de faire subir une quelconque violence que ce soit à une femme ; une jeune fille et même un être humain tout simplement.

La JCI a-t-elle déjà eu a engagé des initiatives pour lutter contre ces violences ?

Concernant ce sujet, la JCI n’a pas encore réellement pris le taureau par les cornes. C’est pour cela que ma mandature s’inscrit en étroite ligne avec tout ce qui concerne le genre féminin et les droits dont doivent jouir les femmes pour une société plus juste. Sa protection, son honneur, ses valeurs, son rôle dans la société en tant que femme, épouse, entrepreneur, militante. Pour qu’ensemble nous puissions nous lever et dire halte à ce genre d’action qui déshumanise l’être humain et va à l’encontre des Droits de l’Homme et de certaines lois qui encadrent la femme. C’est cette place d’honneur que je veux donner à la femme au cours de mon mandat.

Nombreuses sont celles qui ont peur de dénoncer ces actes, surtout si elles ne se sont pas rassurées qu’elles sont protégées. Quel message avez-vous pour ces femmes ?

Mon message sera de leur demander de dénoncer d’avantage ces actes qu’elles subissent. Il est certes vrai que pour celles qui sont dans des zones de conflit et d’insécurité, il est difficile pour elles de parler de peur d’être identifié et de subir des châtiments qui pourraient leur être fatales. Néanmoins, elles doivent prendre sur elles le courage de le faire. Elles peuvent même intégrer des associations qui luttent contre ce genre d’actes immondes, à travers ce biais elles seront plus en sécurité et ces associations à leur tour vont contacter les institutions en charge de ces problèmes et elles recevront de l’aide.

Maintenant, pour ces femmes qui sont dans des zones un peu plus calmes et qui subissent d’autres formes de violence notamment conjugale, économique et professionnelle, je les encourage à poser des actions au travers des réseaux sociaux, vu que ce sont les plateformes populaires de libre expression. Elles peuvent le faire en tout anonymat ou se rapprocher discrètement du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, qui met en place un dispositif spécial pour ces cas de violences. Elles peuvent aussi dénoncer ces crimes là-bas. D’ailleurs, je profite de l’occasion pour attirer l’attention des institutions en charge d’assurer pleinement leur rôle et jouer leur partition pour que ce fléau disparaisse.

En tant que femme leader et jeune influente, comment comptez-vous user de votre leadership pour contribuer au changement positif ?

Tout simplement, en procédant par la mutualisation et la synergie. Parce que j’ai pour crédo, seul on va vite mais ensemble on va plus vite. Ce qui veut dire que, mon action va se mener au travers d’une coalition en collaboration avec les institutions publiques, les médias, les partenaires au développement, les entrepreneurs et les entreprises. Il faut toucher tous les niveaux stratégiques de la cité afin de donner une chance au plaidoyer pour mettre définitivement fin à cette tare sociale. Cela va permettre de redorer l’image et la dignité de la femme, comme étant celle-là qui est la mère de l’humanité.

Quel message pouvez-vous prodiguer à l’endroit des personnes qui font subir aux femmes ce genre d’atrocités ?

Il faut souligner que la violence a beaucoup de connotation, elle peut être verbale, sexuelle, morale etc. Alors, à ces personnes qui font subir ces formes de violence aux femmes, j’en appelle à leur conscience, qu’ils puissent cesser cela. Si certains sont victimes de troubles quelques formes que se soient, qu’ils demandent de l’aide, que ce soit par des psychologues, des personnes religieuses ou tous lieux ou personnes pouvant leurs apporter un secours. Au lieu d’être des gourous et des bourreaux pour les femmes, il faudrait que ces hommes et aussi ces femmes qui infligent ces violences, soient plutôt leurs protecteurs et protectrices face à la bourrasque sociale. Parce que la femme est l’élément clé de l’équilibre sociale du fait d’être la base de cellule souche de la cité qui est la famille. Elle a besoin d’être protégée. Et cette protection, l’homme doit la lui donner. Nous devons la lui donner. Ressaisissez-vous messieurs et donnez à la femme sa valeur et la place qu’elle doit dignement occuper. Ressaisissez-vous mes dames, et créons ce cercle vertueux et cette chaine de solidarité qui fait tant défaut à la condition féminine dans notre société.

www.lavoixdesjeunes.info

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *